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Paysage et développement durable

La poursuite de l’effort de recherche sur le paysage, soutenue par le Ministère de l’Ecologie du Développement Durable et de l’Energie, ne pouvait échapper à un approfondissement des relations entre le paysage et le développement durable. Les trois piliers du développement durable, développement, reproduction des ressources naturelles et équité sociale demandent en effet que soit encore précisé l’apport du paysage à la question de la durabilité et que la recherche confronte les transformations matérielles des paysages et les manières de penser les ressources naturelles et leur redistribution équitable dans un processus de développement ; et bien évidemment réinterroger la notion même de développement, la pertinence de ses échelles – globale ou locale -, revenir sur la dimension économique du paysage qui n’est encore qu’explorée, malgré quelques avancées apportées par le précédent programme.

 
Quand le paysage constitue l’objet central du questionnement, de quelles ressources doit-on parler ? Le paysage est-il lui-même une ressource, ou bien faut-il réinscrire les ressources naturelles, celles dont l’avenir devrait être tracé par le développement durable, dans la compréhension du paysage ? Quelles places respectives donner aux ressources naturelles par rapport à des ressources comme la valeur contemplative des paysages apte à entraîner le développement de l’activité touristique et/ou comme la ressource médiatrice susceptible de favoriser le débat autour d’un projet partagé d’aménagement du territoire ? La ressource médiatrice du paysage permet de faire le saut dans une autre vision de l’aménagement, celle d’un partage prospectif du paysage produit de l’action, c’’est-à-dire paysage des acteurs pour les acteurs et non plus paysage des concepteurs pour les spectateurs. Cette autre signification de la ressource aboutit à celle de ressource sociale peu mobilisée dans l’aménagement alors qu’elle est peut-être à la source de la production de bien-être. Les recherches centrées sur la participation citoyenne prennent ainsi un relief essentiel.
 
Le développement durable a-t-il en effet infléchi la tendance à envisager le paysage comme une construction collective susceptible d’entraîner les sociétés vers le développement de procédures participatives permettant l’expression démocratique comme le suggère la Convention Européenne du Paysage ?
 
L’apport du paysage au développement durable, comme l’inverse, demandent ainsi que se poursuivent les avancées théoriques et méthodologiques que les divers programmes de recherche sur le paysage ont apportées. La mise en œuvre des notions de recomposition, d’interaction, de multi-causalité, d’association de la permanence au changement, d’historicité, etc., a modifié les manières de concevoir autant le paysage lui-même dans sa dimension matérielle que dans ses représentations sociales.
 
Plus que jamais, le paysage offre des potentialités susceptibles de concevoir le développement durable d’une autre manière ; mais pas seulement le développement durable : également la reproduction à long terme du vivant et le cadre de vie des populations – comme le suggère la Convention Européenne du Paysage – et le bien-être qu’il est susceptible de procurer.